Les incontournables de 2018 – #2

Quels seront les grands sujets à la une de l’actualité en 2018 ? Certains volontaires chez Brennus Analytics se sont pliés à l’exercice de la devinette, et vous livrent chacun leurs convictions… fondées sur une intuition et une analyse humaine, et non sur une modélisation prédictive à base de big data. Rendez-vous fin 2018 pour le bilan !

 

C’est aujourd’hui Sylvain Peyruqueou, responsable Front End de Brennus Analytics, qui vous livre ses prédictions.

La bulle financière

Tous les indicateurs sont dans le rouge depuis plusieurs mois et je suis convaincu que la bulle financière sera un sujet majeur de 2018. Pour tenter de relancer l’économie après la crise des subprimes, les banques centrales ont injecté une quantité phénoménale de liquidités sur les marchés depuis une décennie. Mais au lieu d’alimenter l’économie réelle (le PIB mondial n’a que faiblement crû sur la période), cet argent s’est concentré sur les marchés financiers. La grande majorité des observateurs en sont donc convaincus : il y a au-dessus de nos tête la plus grosse bulle financière de l’histoire !

 

Fait intéressant, c’est probablement la première fois qu’une bulle est si clairement identifiée avant qu’elle n’éclate. Car oui, une bulle ne se dégonfle pas, elle éclate ! Et comme aucun leader politique ne souhaite assumer son éclatement, les banques centrales poursuivent sur leur lancée. In fine, tout le monde regarde cette bulle gonfler en se demandant si elle résistera à 2018.

 

Ce qui est certain, c’est que personne ne mesure les conséquences d’un éventuel éclatement tant cette bulle semble globale et les acteurs politiques désarmés avec leurs outils conventionnels. Et si c’était l’occasion de se mettre autour de la table pour réfléchir ensemble à une nouvelle organisation des marchés financiers réellement au service de l’économie réelle ? Nous ne manquons pas de technologies pour informer, modéliser, anticiper, contrôler, etc… ce n’est donc plus qu’une question de volonté politique.

L’Intelligence Artificielle dans le sport

2018 est une année paire non bissextile, ce qui signifie… que l’actualité de votre début d’été sera saturée par le mondial de foot ! Et même si les joueurs sont encore (à peu près) naturels et d’une intelligence très relative, je vous parie que ce sera quand même l’occasion de parler d’Intelligence Artificielle (IA).

 

Pour rappel, les tenants du titre sont les allemands. Savez-vous qui les avait aidés à élaborer leur stratégie en 2014 ? Grâce à qui Neuer a réinventé le poste de gardien de buts un soir de juin face à l’Algérie ? SAP. Oui oui, SAP, le progiciel de gestion qui est possiblement l’auteur de cette icône moche qui trône dans votre barre de tâches. Grâce à l’analyse de Big Data footballistique, SAP avait apporté une aide saluée par le staff allemand.

 

Depuis, les capacités d’apprentissage de l’IA (deep learning) ont fait des progrès fulgurants et on peut imaginer sans peine que les grandes équipes auront toutes leur Chief Data Officer. Etape suivante ? Aller au-delà de l’analyse et pouvoir simuler différentes stratégies grâce à l’IA. La France est régulièrement saluée pour l’excellence de sa formation à la fois en football et en IA ; de bon augure ?

L'aliénation en réseau

« Si c’est gratuit, c’est toi le produit ! », cette formule n’a jamais été autant d’actualité. Depuis quelques temps, d’anciens dirigeants des principaux réseaux sociaux alertent sur les méfaits que cause l’usage de leur service, surtout sur les plus jeunes. De plus en plus d’études montrent en effet que l’usage d’écrans est délétère pour les enfants (j’en profite pour citer l’importante règle du 3-6-9-12 si vous ne la connaissez pas). Or on sait aujourd’hui que les grandes entreprises du secteur embauchent des experts du cerveau et de l’addictologie pour mieux maîtriser la façon de nous garder le plus longtemps possible devant l’écran.

 

Si chacun a probablement déjà débattu avec ses amis ou sa famille des conséquences de l’utilisation excessive des réseaux sociaux, ou de leur immiscion permanente dans nos vies, il me semble que le sujet est désormais assez mûr pour occuper le devant de la scène publique en 2018. Alors que les dirigeants de Facebook et consorts continuent à clamer qu’ils veulent changer le monde, tout en mettant eux mêmes leurs enfants dans des écoles sans écran, la société pourrait bien leur demander de quel monde meilleur ils parlent et à qui il s’applique.